A LA TÊTE DU CLIENT

Il y a quelque temps, la Belgique se retrouvait à nouveau sous le feu des projecteurs. Le grand acteur français Gérard Depardieu claquait la porte du pays de son enfance pour venir habiter en Belgique et dans la foulée introduisait une demande de naturalisation.
Ce choix stratégique serait la conséquence directe de la mise à exécution d’une des nombreuses promesses de campagne de François Hollande: Imposer une taxe à 75% sur les rémunérations annuelles supérieures à un million d’euros.
Cette régulière envie de devenir Belge n’est pas nouvelle de la part de nos voisins français. Loin de s’intéresser à la bravitude de Jules ou à nos incomparables bières Trappistes, c’est avant tout l’absence d’impôt sur la fortune qui suscite l’intérêt des riches exilés volontaires.

Epouser l’identité belge
Une député belge membre de la commission des naturalisations avait déclaré ceci :
« la demande introduite dans un pays dans le seul et unique but de pouvoir bénéficier des avantages fiscaux et sociaux qu’il procure fait de n’importe quelle nationalité, une nationalité au rabais. Il y a une identité belge qu’on doit épouser quand on devient Belge. »

Avant, il suffisait de résider depuis trois ans sur le territoire ou de justifier d’attaches véritables pour pouvoir introduire une demande de naturalisation, mais la réforme du code de la nationalité belge du 1er janvier 2012 va durcir les conditions d’accès.
Enfin, elle va surtout se durcir pour les demandeurs lambda.
Pour eux, il y a maintenant une procédure d’acquisition en cinq ou dix ans, selon des critères économiques et linguistiques précis.

Selon que vous serez puissant ou misérable…
La petite nouveauté c’est la naturalisation pour mérites exceptionnels. Cette dernière est en fait une faveur accordée par les députés de la Chambre aux personnes pouvant, selon le Code de la nationalité, témoigner à la Belgique de mérites exceptionnels. Apporter une contribution particulière au rayonnement international du pays.
Le rayonnement est limité à trois catégories: scientifiques, sportives et socioculturelles.
Il est évident que pour des célébrités toutes tendances confondues, l’option du mérite exceptionnel c’est presque de la naturalisation sur mesure.
Ceci dit en passant, pourquoi s’en priveraient-elles? Puisque la nouvelle loi sur la réforme les y autorise … oserais-je dire… les y invitent?

Naturalisation V.I.P
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On serait naturellement en droit d’attendre que l’heureux gagnant de cette naturalisation express VIP épouse entre 5 et 10 ans à son rythme l’identité belge.
Et c’est là que ça coince. Il n’existe à ma connaissance aucune définition officielle de cette identité collective. Dès lors, comment nous Belges et naturalisé pourrions-nous l’épouser ou nous y conformer légalement?
Il y a parfois de belles manifestations populaires qui donnent aux Belges l’occasion de ressentir un fort sentiment d’appartenance nationale.
Mais, est-ce vraiment suffisant pour définir l’identité d’un pays ? 
C’est quoi être belge?

Aucune définition officielle
Si nous abordons le sujet de l’identité nationale , il n’y a aucune définition officielle.
Sur le web au contraire, chacun apporte librement sa pierre à l’édifice.
On passe joyeusement de l’ouverture au repli, jusqu’à l’excès.

La définition du Dico
Prenez un bon dico et cherchez le mot belge et ensuite le mot identité. Dans les deux cas vous trouverez une définition, simple et compréhensible pour chaque mot. Assemblez les deux, chercher à nouveau et vous ne trouverez plus rien.

L’identité populaire
Testons nos critères entre belges !
Au sens large du terme: 
Le belge est jovial, bon vivant, il sait pratiquer l’auto dérision,
il est particulièrement acceuillant surtout à Néchin.

Donc supposons, qu’a partir d’un référundum nationale, on associe des caractéristiques populaires à notre identité. On pourrait déchoir, de la nationalité tout ceux et celles qui n’y correspondrait pas. Je vais pas donner de nom, mais ce serait loin d’être surréaliste dans le royaume de Belgique.

L’identité territorial
Testons maintenant l’identité à travers son territoire. La Belgique se compose de trois régions, Bruxelles, La Flandre et la Wallonie et une communauté germanophone situé à l’Est de la Belgique.
Trois régions tellement différentes et opposés dans leurs gestions qu’il est de plus en plus difficile de leur trouver un lien fédérateur. Nous sommes aux antipodes d’une quelconque identité qui pourrait éventuellement nous réunir.

Le ciment national
Vous aller me dire, il y a le roi.
C’est vrai, il y a notre bon et nouveau roi Philippe récemment introniser, tout frais, tout beau, et raser de près pour l’occasion. Il forme avec la reine Mathilde toujours souriante et avenante un petit couple royal bien sympathique. Mais derrière les joyeuses entrées et les ballades à vélos savamment orchestré par les conseillers du palais, la royauté ne fait plus vraiment recette auprès de toute la population.

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Famille Royale de Belgique

Bon alors, si c’est pas le roi, sa femme et ses petits princes, qui, que, quoi la Belgique unis? Et bien, ceci est moins joyeux, c’est la dette, la sacro-sainte dette publique qui unifie les belges entre eux. Dans cette mathématique comptable, il y a juste des contribuables belges, qui doivent payer, payer et être taxé. Entre toutes ses colonnes que l’on additionne point de trace sur l’identité.

Promesse de campagne
Si en Belgique, nous n’arrivons pas à lui donner une définition claire et précise sans
trop de dégâts et de débordement, l’exemple qui va s’immiscer dans la campagne présidentielle française de 2007, devrait nous inciter, nous Belges à bien y réfléchir.

Le grand débat
6a0120a5a88f9d970b0120a6a01af7970c-800wi1En 2009, le gouvernement français sous la présidence de Nicolas Sarkozy lance un grand débat sur le thème de l’identité nationale. Ce qui aurait dû en principe réunir et rassembler aura juste l’effet inverse, celle de diviser toutes les couches de la population. Il y aura une longue liste de dérapages. On opposera le bon français de souche à l’autre, le Français d’adoption. Et tout ça pour une identité nationale que l’on n’arrivera jamais à définir.

Le choc moral
Pour les Français originaires des pays du soleil, le choc moral sera très violent!
Un sérieux sujet à controverse dont la Belgique et d’autres pays ne sont malheureusement pas à l’abri.

Changer la dénomination
En modifiant la dénomination de la carte d’identité belge et en la remplaçant par une carte d’identification nationale, la partie humaine et unique de l’individu serait détaché de sa partie propre et unique d’identification administrative.

Selon que vous serez social ou fiscal…
La véritable identité d’un individu correspond à un parcours de vie et celle-ci est en constante évolution.
Elle se constitue à partir d’une éducation, d’une orientation philosophique ou religieuse, des amis, des amours et des emmerdes. Sans oublier que le lieu et l’époque influence aussi notre mode de pensée.
2461337109_1Je suis unique, vous êtes unique. Notre identité personnelle ne saurait être résumé et assimilée dans une définition collective.
C’est l’histoire, la culture, les habitudes, les traditions, et des valeurs communes qui unisse les gens qui revendiquent leur attachement à un pays. Par la naissance ou la naturalisation, la carte d’identification administrative resterait bien entendu associer aux bénéfices des avantages fiscaux et sociaux du pays et ce que la Belgique vous l’aimiez absolument ou qu’elle vous indiffère complètement.

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