LE CHEMIN VERS DIEU

djihadJihad, un mot qui fait peur
À partir des attentats perpétrés en 2015 – 2016 en France et en Belgique, le mot Jihad est devenu synonyme de radicalisme, de peur et d’angoisse. Dans le tumulte de terreur et de surenchère médiatique, on oublierait presque la signification du mot djihad et les origines de sa doctrine offensive.

4c51191ac12b7310e330d1c7e8403bAccomplissement du Jihad
En arabe, ce terme signifie selon le sens qu’on lui attribue abnégation, effort, mais également lutte ou résistance. Le premier accomplissement du Jihad pour un musulman consiste à œuvrer de son mieux pour accomplir le bien. C’est un devoir religieux. L’autre Jihad, le Jihad par l’épée ou petit Jihad est malheureusement l’argumentation de nombreux groupes dans l’histoire et jusqu’à nos jours pour légitimer les guerres contre d’autres musulmans ou les non musulmans. Il ne signifie pas pour autant «guerre sainte» au sens ou le monde chrétien aimerait le concevoir. Si la guerre est permise en Islam, elle est avant tout défensive, uniquement lorsque les autres moyens pacifiques comme le dialogue, les négociations et les traités échouent. C’est ce Jihad mineur qui porte à confusion et à la divergence.

a2985b2733a98cf4a27f3867ba27c1f9La doctrine du Jihad
En 1928, un instituteur égyptien du nom d’Hasan Al-Bannâ fonde la société secrète des frères musulmans. Il veut libérer son pays de la colonisation culturelle britannique. Il s’oppose à la conception exclusive de spiritualiste de l’islam. Il veut restaurer le califat. Établir un régime fondé sur le Coran et la charia dans les États arabes. Son projet séduit des pays à majorité musulmane. Dans les années 60’, l’intellectuel égyptien Saïd Qutb entre en rupture avec les frères musulmans. Il développe un islamisme radicale, et révolutionnaire. Il sera exécuté en 1966. Sa doctrine va lui survivre. Elle influence encore aujourd’hui tous les chefs et militants du Jihad armé. Il est considéré comme le maître à penser du djihadisme qui prône l’utilisation de la violence pour la réalisation des objectifs islamistes.

les-musulmans-de-france-entre-peur-et-condamnationQuestion de point de vue
Une majorité de musulmans dans le monde condamnent le djihadisme et les attentats suicides tandis que d’autres aspirent par leurs actes au martyr. Les djihadistes ne qualifient pas leurs opérations comme des attentats terroristes, mais comme des actes de résistance perpétrés contre une force d’occupation.

7566564-11677455Djihad 2.0
Les djihadistes sont de très bon communiquant. Le djihad 2.0 a envahit la toile du monde des réseaux sociaux. Les châtiments des mécréants sont revendiqué dans des clips de propagande bien orchestré. Ces diffusions offrent aux djihadistes une visibilité sans filtre. Devenir martyr de l’Islam vient aussi combler un vide auprès d’une jeunesse désoeuvré, sans avenir, en quête d’identité et d’absolu.

hqdefaultDevenu avec le temps zones de non-droit, prêcheurs et recruteurs ont trouvé dans les quartiers abandonnés, un terreau fertile. Autant en ville qu’en banlieue, par l’absence de réaction approprié, les élus ont favorisé l’émergence du communautarisme.


Les
intérêts géopolitiques
Autant le discours de l’état islamique brille par la clarté de ses intentions, autant la trentaine de pays coalisés engagés dans le conflit peinent à s’accorder sur la même priorité des objectifs. Tout les jours, on constate que derrière la façade affiché du combat entre le bien et le mal, l‘éradication de Daesh passent au second plan. Cette guerre par procuration permet surtout à certains pays d’opérer un renforcement d’influence dans la région.

alep Le président Al-Assad bénéficie de soutien dans et en dehors de la coalition arabo-occidentale. La population syrienne bombardée et gazée de toute part est sacrifié sur l’autel des intérêts géopolitiques. L’inaction consentie en faveur du régime de Damas provoquent un fort ressentiment d’injustice auprès de toutes les victimes du conflit.

Jihad sans frontières
Un argument supplémentaire que Daesh exploite sans peine pour exporter le chaos en Europe. C’est le 7 janvier 2015 que les réseaux dormant passent à l’offensive en assassinant les caricaturistes du journal satyrique Charly Hebdo à Paris. L’Europe sans frontières découvre avec stupeur, que les assassins et les égorgeurs sont fils et filles de la patrie. Le voisin d’en face, l’étudiante d’à côté. Ils se sacrifient en criant «Allah est grand.» La population est sous le choc. On conjure le mal en affirmant ses valeurs. On exige un renforcement de la sécurité dans le respect des libertés.

La peur de nouveaux attentats brouille la frontière entre le citoyen de confession musulmane et les extrémistes. La psychose libère la parole. Les arguments populistes peuvent enfin se lâcher sans réserve. Tandis que la démocratie politique, condamne, rend hommage, minute le silence, Daesh continue a encourager les musulmans et les nouveaux convertis à passer à l’action là où il se trouve… même armé d’un simple couteau.

Les assassins sont parmi nous
Les accords de coopération militaires plus ou moins réussis des ennemis d’hier, des amis d’aujourd’hui, qui se sépareront à nouveau demain finiront un jour par réduire ou supprimer la présence des soldats de la foi en Irak et en Syrie.

Dans cette perspective, on aurait tort de croire que la reprise des territoires d’Orient par l’alliance internationale affaiblira le réseau terroriste, que les villes d’Europe retrouveront un peu de quiétude apparente par la diminution des niveaux d’alertes et la disparition progressive des militaires dans les rues. Affaiblis financièrement par la perte de son exploitation énergétique dans le butin de guerre, Daesh ne disparaîtra pas pour autant.

56216774Les djihadistes ont de la ressource, ils ont trouvé une légitimité auprès de milliers de partisans dans le monde. Les derniers attentats, ont mis en lumière une logistique de terreur bien organisée et l’entrée en clandestinité les rendra encore plus déterminés.


Conclusio
n
J’aimerais terminer par une note optimiste.
Elle s’adresse aux millions de croyants silencieux à travers le monde qui vivent paisiblement leur foi. ils pratiquent le Jihad du coeur, celui de combattre afin de s’améliorer ou d’améliorer la société.

220px-irakischer_maler_von_1287_002De l’Espagne jusqu’aux Indes, du IXe au XIIe siècle, l’Islam éclaira le monde par sa connaissance. Sa contribution à la renaissance européenne est trop souvent minimisée. Pourtant, son influence sur la philosophie, la médecine, les mathématiques, l’astronomie et ses nombreuses inventions scientifiques font encore écho dans notre civilisation occidentale moderne. Parallèlement aux conflits armés que vit et subit actuellement le monde arabe, des acteurs de la vie civile et spirituelle tentent de concilier modernité et traditions. Des théologiens qui se réclament autant du sunnisme comme du chiisme débattent sur la complexité plurielle de l’Islam. Artistes, intellectuelles, blogueurs musulmans s’imposent dans la contestation culturelle en Orient comme en Occident. Ils sont armés d’un oud, d’un calam, d’une parole, d’une caméra ou d’un micro. Tous oeuvrent par leurs actions à faire reculer l’obscurantisme et les préjugés.

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