Sous l’effet de la mondialisation, des flux migratoires et de l’individualisme contemporain, la « carte d’identité » ne porte plus tout à fait son nom.
On observe aujourd’hui la coexistence de plusieurs réalités : des générations nées sur le territoire conservent un attachement primordial au pays d’origine de leurs parents, où elles ne se rendent pourtant que très rarement ; des citoyens natifs, déconnectés de tout sentiment national, réduisent leur lien à l’État à un simple pragmatisme quotidien ; enfin, pour de nombreux nouveaux arrivants, l’acquisition de la nationalité répond d’abord à des impératifs sociaux, administratifs ou fiscaux.
Face à ces dynamiques, la nationalité fonctionne comme une garantie : un titre qui protège et donne accès au modèle social de l’État. Le document de plastique acté par l’administration matérialise ce contrat d’accès aux droits, tandis que le sentiment d’appartenance, l’adhésion culturelle et la loyauté s’expriment indépendamment du titre délivré.
CIN & CAN pose le constat de cette mutation : la carte d’identité s’y présente comme une « carte avantage », utilisée pour les prestations qu’elle garantit, que le pays qui la fournit suscite de l’attachement ou de l’indifférence.
L’installation interroge ce basculement civilisationnel : la question n’est plus seulement
À quel pays j’appartiens ?, mais À quelle communauté je m’identifie ?
Infos sur l’oeuvre:
CIN & CAN / 05-2014 / carte PVC recto verso / 86 x 56 mm
photo : Yves François
Diffusion & Débats publics
MERCREDIS DES OREILLES VERTES — Rendez-vous culturel et artistique (Bruxelles)
3 février 2016 | Les Écuries van de Tram (Rue Rubens 95, 1030 Bruxelles)
Présentation du dispositif suivie d’un débat public autour des notions
de citoyenneté administrative et d’identité.

